FECOFA : Le grand déballage de Mosengo-Omba pour défendre Gianni Infantino !

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Invité sur le plateau de France 24, le dirigeant sportif Véron Mosengo a balayé d'un revers de main les accusations de violation statutaire visant le président de la FIFA concernant le dossier des droits télévisuels.

Le feuilleton des réformes et de la gestion financière de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) continue de faire couler beaucoup d'encre. Cependant, son président peut compter sur des soutiens de poids. De passage sur les antennes de France 24, Véron Mosengo-Omba a fermement pris fait et cause pour le patron de l'instance faîtière du football mondial, Gianni Infantino.

Au cœur des débats : la cession présumée de 20 % des droits télévisuels de la FIFA, une opération que certains détracteurs qualifient de contraire aux textes de l'organisation. Une lecture que conteste formellement le dirigeant d'origine congolaise.

Face aux questions des journalistes, le Président de la Fédération Congolaise de football (FECOFA) Véron Mosengo-Omba a d'abord ouvert une parenthèse pour saluer la performance des vaillants Léopards de la République Démocratique du Congo, qui ont fait la fierté de toute la nation lors de la dernière Coupe du Monde. Affichant ses ambitions pour l'avenir, il a réitéré son engagement aux côtés du sélectionneur national pour maintenir cette dynamique positive. L'objectif est double et clairement affiché : remporter la prochaine CAN et assurer une qualification pour la Coupe du Monde 2030, dont une partie des rencontres se jouera sur le sol africain.

Revenant ensuite au cœur du sujet, le dirigeant congolais s'est montré d'une clarté limpide. Pour lui, les procédures internes ont été scrupuleusement respectées :

« Il faut s'en tenir aux faits et abandonner le procès d'intention. Gianni Infantino n'a violé aucune disposition statutaire en ouvrant ces discussions. Toutes les démarches entreprises s'inscrivent strictement dans le cadre des compétences conférées par les statuts de la FIFA pour moderniser le football mondial et maximiser ses revenus au profit de toutes les fédérations. »

Selon lui, cette manœuvre s'inscrit pleinement dans la stratégie globale de modernisation et de maximisation des revenus du football mondial. Elle vise principalement à redistribuer davantage de ressources aux associations membres, notamment en Afrique et en Amérique latine. L'argument massue de Mosengo-Omba que la proposition de Gianni est une stratégie commerciale validée par les instances repose sur la validation institutionnelle de ces décisions. Il a rappelé que la gouvernance de la FIFA s'appuie sur des garde-fous stricts : le Conseil de la FIFA ainsi que les commissions de contrôle sont systématiquement impliqués dans les arbitrages financiers de cette envergure.

Pour appuyer son propos, l’ancien Secrétaire Genéral de la CAF congolais a rappelé que ce modèle économique n'est pas une anomalie. En France, la Ligue de Football Professionnel (LFP) a cédé une partie de ses droits commerciaux au fonds d'investissement luxembourgeo-britannique CVC Capital Partners, pour un montant de 1,5 milliard d'euros. En échange de cet apport, CVC a récupéré 13,04 % des parts et des revenus à long terme de la nouvelle filiale commerciale de la LFP. L’objectif était alors de sauver les clubs français d'une crise financière aiguë, consécutive à la pandémie de Covid-19 et au fiasco du diffuseur Mediapro.

En Espagne, la Liga n’est pas non plus restée les bras croisés. Le projet LaLiga Impulso est un accord stratégique et financier majeur conclu en décembre 2021 entre l'instance du football espagnol et ce même fonds, CVC Capital Partners. Ce dernier a injecté près de 2 milliards d'euros pour moderniser et stimuler la croissance globale des clubs professionnels de première et deuxième divisions. En contrepartie, une nouvelle structure commerciale a été créée, et CVC y détient une participation minoritaire, entre 8 % et 10 %, sur les activités commerciales et les droits audiovisuels pour une longue période, sans que LaLiga ne perde la gestion de ces droits.

 

Les réformes d'Infantino : une fausse révolution ?

Dès lors, où se situe le bémol dans la proposition du président de la FIFA ? A-t-il réellement réinventé la roue ? Pour le patron du football congolais, tant que les statuts sont scrupuleusement respectés, les contestations entourant la réélection de Gianni Infantino sont tout simplement « nulles et non avenues ».

 

Tacle à l'UEFA et tensions financières

Véron Mosengo-Omba a profité de cette tribune pour jeter un pavé dans la mare et recadrer fermement le patron de l'UEFA. Le président de l’instance européenne, Aleksander Čeferin, avait en effet déclaré que les matchs impliquant les équipes africaines lors de la dernière Coupe du Monde étaient « moins intéressants ». Une sortie jugée insultante qui ne passe absolument pas sur le continent africain.

Ne mâchant pas ses mots, l'invité de France 24 a rappelé une vérité juridique essentielle : l'UEFA, en tant que confédération, n'est pas un membre direct de la FIFA. A ce titre, il lui est impossible d'ester en justice contre l'instance mondiale. Ce droit revient exclusivement aux 211 associations nationales de football, uniques copropriétaires de la FIFA. Le dirigeant a également dévoilé un détail financier méconnu du grand public : la FIFA alloue actuellement une enveloppe de 60 millions de dollars à chacune des six confédérations. Pour matérialiser la vision de Gianni Infantino, il suggère que les fédérations africaines s'appuient sur des montages financiers stratégiques. Elles pourraient notamment solliciter la Banque africaine de développement (BAD) ainsi que les banques nationales pour souscrire au projet et devenir actionnaires de la nouvelle structure qui naîtrait de cette joint-venture.

Par  Jeff Katala Mulumba

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